Jeudi 4 août 2011 4 04 /08 /Août /2011 16:15

Nous célébrons aujourd’hui la naissance de Jean Mabillon (1632), le père fondateur de la paléographie et de la diplomatique. 

 

Évidemment, en ce jour si particulier, je n’ai pu me laisser aller à ma geekitude d’historien un peu déviant : des tâches plus nobles m’attendaient au lycée de l’Altion. À vrai dire, cet après-midi de cours s’est passé assez normalement.

 

Aujourd’hui, la loose avait décidé de frapper après les heures de cours.

 

Tout d’abord, il faut que vous sachiez que les gardiens sont assez stricts : si vous avez le malheur de laisser partir vos élèves avant l’ouverture des portes à 17H30, vous êtes certains de vous faire souffler dans les bronches — j’en ai fait l’expérience. J’ignore si c’est parce qu’ils n’apprécient pas de devoir supporter quelques minutes ce que nous subissons à longueur de journée ou si c’est parce que l’administration leur fait des remarques, mais nous avons tout intérêt à garder nos élèves jusqu’à la sonnerie.

 

Aujourd’hui, comme le module de géographie était un peu technique et qu’il y a eu pas mal de questions, je libère mes élèves deux ou trois minutes après la sonnerie. Le temps de repasser par la salle des profs me laver les mains, récupérer mon manteau et faire une escale technique (pas nécessairement dans cet ordre), j’arrive devant la porte à 17H37.

 

Et là, surprise : il n’y a plus personne à la loge, et la porte est fermée. Me voici donc bloqué à l’intérieur avec quelques élèves retardataire pendant que mes collègues quittent l’établissement par le parking situé à l’opposé.

 

Je ne suis pas seul dans l’épreuve : Sonia Bailleul me raccompagne à la gare et a garé sa voiture devant le lycée. Nous remontons donc à l’intendance signaler à la dernière personne de l’administration encore présente à cette heure qu’il est impossible de sortir. Heureusement que l’intendante a les clefs !

 

À l’avenir, je me souviendrai que la fenêtre de sortie est pour le moins étroite.

 

 

Par strelets - Publié dans : Saison 2 - Communauté : humour et bonne humeur
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 16:10

Carnet impérial : couronnement de Jean V Paléologue, l’empereur de la loose (1341) — un règne de cinquante ans marqué par des guerres civiles larvées et une réduction régulière du territoire qui commence par un couronnement à une date sans éclat particulier ! Mais nous fêtons aussi la naissance de Mikhaïl Vassilievitch Lomonosov (1711), fondateur de l’université de Moscou, la plus ancienne de Russie et qui porte d’ailleurs son nom. 

 

Les dates des conseils de classe sont tombées. Je ne m’en sors pas trop mal, mais mes collègues m’ont conseillé de ne pas m’emballer car c’est comme avec les emplois du temps : rien n’est sûr tant que le conseil n’a pas commencé !

 

L’approche des conseils conduit les CPE à faire le point et à demander aux élèves de régulariser les absences non justifiées. Quand j’étais néo-titulaire, j’avais un élève absentéiste qui amenait une pile de certificats médicaux, qu’il avait « oublie » de fournir auparavant, une semaine avant le conseil. Ici, ça n’a pas trop l’air d’être le cas. En revanche, les élèves de mon groupe de seconde de 9H30 sont appelés par paquets pour expliquer la non-justification des absences, ce qui me donne l’impression de faire cours par roulement.

 

Avec les 1reS, je tente une nouvelle approche pédagogique : le cours assisté par diaporama. J’ai fini par suivre l’exemple de la collègue que je remplaçais à André-Rieu (cf. épisode 141). Le problème est que c’est très lourd à préparer : j’espère que cela va améliorer les choses. Difficulté supplémentaire : il ne faut pas que la Grosse Bertha fasse une fugue. Cette première séance est plutôt convaincante. Je me demande si cela vient du conditionnement des élèves habitués à être devant un écran. Évidemment, il fallait une pincée de loose : j’ai préparé mon diaporama sous PowerPoint mais le lycée, par mesure d’économie, utilise OpenOffice, ce qui empêche quelques effets super-chiadés de bien fonctionner. Il faudra que je demande des conseils à Dulcinée : c’est une super-pro du diaporama.

 

Dans cette salle, les fenêtres donnent sur le portail d’entrée. Je ne peux m’empêcher de relever la présence des pompiers. J’en apprends plus tard la raison par mon collègue d’anglais de 2e3 : une de mes deux jumelles, Viviane ou Liliane, je n’arrive jamais à savoir laquelle est dans quelle classe (cf. épisode 190), suçotait le bouchon de son effaceur quand un fragment s’est détaché, et elle a paniqué en l’avalant — il a fallu déployer les grands moyens.

 

Le soir, en me voiturant vers Paris, Julie Marin m’en raconte une bien bonne. La semaine dernière, un collègue d’éco lui a laissé un mot lui demandant de faire noter l’annulation d’un cours. Comme il ne fait qu’une partie de ses heures au lycée de l’Altion et qu’il n’adresse la parole à personne pendant son peu de temps de présence, cela n’a rien d’étonnant. Mais, le jour dit, il est allé trouver la CPE, furibard, lui demandant de coller toute la classe pour cause de séchage général. Comme le mot était dactylographié et qu’on ne va pas demander aux experts d’analyser l’encre de l’imprimante ou de faire un relevé d’empreinte, ça ne va pas être facile de trouver l’origine. La manœuvre est théoriquement impossible : comme la salle des profs est interdite aux élèves, ceux-ci doivent passer par nous pour déposer quelque chose dans les casiers. Des élèves ont pu fouler le sol sacré sans être frappés par le feu de la colère divine, mais ils peuvent être assurés que notre vengeance les poursuivra jusque dans l’Hadès !

 

Par strelets - Publié dans : Saison 2 - Communauté : humour et bonne humeur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 15:58

Comment peut-on espérer que les choses se déroulent normalement un jour où on fête la naissance d’Alexandre Borodine (1833), l’universitaire musicien, et de Patrick Sabatier (1951) ! 

 

Ce matin, j’ai en demi-groupe l’autre moitié des 2e1. Daphné Monceau, une de mes gentilles élèves, immédiatement après m’avoir dit bonjour, ajoute « il paraît que ça a été chaud mardi ». Le récit de la superbe séance d’ECJS (cf. épisode 209) s’est donc répandu dans toute la classe. Je suis intérieurement mort de honte pour ce ratage pédagogique, mais je décide d’enfoncer le clou en répondant qu’il y a effectivement dans la classe des élèves qui n’ont aucune idée de la manière dont on doit se comporter en société.

 

Cette heure de module est consacrée à l’étude des Tables claudiennes, ce superbe monument de romanité dans lequel l’empereur Claude explique aux sénateurs que les élites gauloises doivent être admises au Sénat car ces ennemis d’hier, vaincus mais désormais fidèles, sont liés au destin de Rome par des liens indissolubles. Bref, l’Empire intégrateur dans toute sa splendeur.

 

Malgré les copieuses notes au bas du texte, la rhétorique antique pose quelques problèmes à mes élèves. Quand Claude, évoquant l’ancienneté de l’intégration de la Narbonnaise, veut passer à la Gaule chevelue, il lance aux sénateurs « mais nous voici parvenus aux frontières de la Gaule… » Étonnement dans la salle : « mais je croyais qu’il était à Rome ? qu’est-ce qu’il fait à la frontière de la Gaule ? »

 

Quand il est question de la Gaule, il y a toujours un invité surprise. En remettant le document en contexte, je ne peux m’empêcher de dire « à l’époque, toute la Gaule est occupée par les Romains » et je pense très fort « toute ? », mais personne ne rebondit. Mais quand je demande pourquoi l’empereur veut intégrer les Gaulois (j’attends évidemment qu’ils relèvent les passages du texte expliquant qu’on est Romain en adoptant les valeurs de Rome : c’est le moment civique sur la supériorité des valeurs sur les hasards du sang ou du lieu de naissance), quelqu’un répond : « parce qu’ils ont la potion magique ». Très sérieusement, je reprends l’élève : « non, car le secret se transmet de bouche de druide à oreille de druide. C’est pour ça que le secret s’est perdu : il n’y a plus de druide. » Et celui qui a demandé « c’est vrai ? » s’est fait crucifier par les élèves.

 

Pendant mon heure sans cours, je passe au secrétariat pour remplir un papier. Je suis témoin de la conversation surréaliste entre la secrétaire chargée de la scolarité et un parent d’élève. « Quel nom ?… Non, madame, elle n’est pas ici… Elle n’est pas inscrite dans ce lycée… Quelle classe, dites-vous ?… Mais nous n’avons pas cette filière-là… Votre fille ne serait pas plutôt au lycée Corentin-Kervran de Saint-Dadon ?… Ce n’est pas grave, ne vous excusez pas… Au revoir, madame. » Que dire ?

 

Ce matin, c’était aussi le temps des exposés d’ECJS pour les 1reS. Un groupe demande le vidéo-projecteur. Après ma précédente mésaventure avec la Grosse Bertha, je crains le pire (cf. épisode 198). Heureusement, l’appareil est là, ce qui me vaut un exposé intéressant qui, pour une fois, utilise bien le diaporama. Néanmoins, ces élèves m’étonnent : les exposés étaient bien, mais le sujet du jour, que j’avais choisi volontairement polémique (la réforme des retraites), ne suscite absolument aucune réaction. C’est fascinant de voir ces futurs citoyens, qui auront le droit de vote pour les prochaines élections présidentielles et législatives, n’avoir aucun avis sur rien.

 

Après un après-midi sans histoire, je finis avec un demi-groupe de 2e3 qui a droit, à son tour, aux Tables claudiennes. Comme prévu, la potion magique refait son apparition, mais j’ai droit à un supplément. À un moment, j’aperçois un élève secoué d’un fou rire inextinguible alors que le visage de son voisin affiche un sourire béat de contentement. Je demande vainement de quoi il retourne. À la fin de l’heure, les deux viennent me voir. L’élève hilare me déclare que son voisin en a une bonne. L’autre, tout fier : « Comment César a-t-il séduit Cléopâtre ? parce qu’il avait la Gaule ! »

 

Certes, Aristophane n’aurait pas renié celle-là, mais ce n’est pas tout à fait du Goscinny.

 

Par strelets - Publié dans : Saison 2 - Communauté : humour et bonne humeur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 26 juillet 2011 2 26 /07 /Juil /2011 16:09

Nous commémorons aujourd’hui l’intronisation de Hirohito, alias l’empereur Shōwa (1928), ce qui ne manque pas de sel, car shōwa signifie « paix éclairée ». Car c’est aussi la naissance de Mikhaïl Timofeevitch Kalachnikov (1919), le père du célèbre AK-47, le fusil d’assaut le plus vendu au monde. Une kalach, voilà ce qui a manqué aux croisés à Varna ! Leur défaite lourde marque la fin de la dernière tentative d’envergure pour venir en aide aux Byzantins étranglés par les Ottomans. 

 

Heureusement que je n’avais pas de kalachnikov sur moi aujourd’hui. Pourtant, au départ, j’étais plutôt dans l’esprit shōwa. En effet, je peux faire la grasse matinée jusqu’à 6H. Aujourd’hui, grâce à ma convocation pour une journée de stage bidon, je ne vais pas à Évoire l’Ermitage (cf. épisode 203) : je retourne au lycée François-Darlan où j’avais déjà fait des dégâts l’an dernier. Je décide de partir afin d’arriver bien en avance, d’une part pour éviter les problèmes de transports, d’autre part parce que j’espère bien croiser certains de mes anciens — ça me permettra d’avaler la couleuvre des TD qui doivent sauter à cause de cette cette clownerie. 

 

Le RER B ne part pas. Au bout de quelques minutes, le conducteur marmonne un truc inaudible au micro. Comme l’heure tourne, je décide de sortir attraper un bus pour rejoindre la Gare du Nord. Notre chauffeur est sur le quai : comme il a une panne de micro, il donne les informations à la volée aux voyageurs désemparés. C’est la pire situation : avarie de matériel sur le train d’avant, coincé entre deux stations. Comme on dit, j’ai de la chance dans mon malheur : je n’ose imaginer la suite de ma journée si j’étais coincé dedans.

 

En attendant, il faut attendre le bus, qui circule mal à cette heure. J’arrive juste à temps pour embarquer dans le train de 8H07. En marchant un peu vite, j’arrive au lycée avec cinq minutes d’avance. Ouf ! Et là, vision d’angoisse : mon inspecteur (cf. épisode 118) est venu nous délivrer la bonne parole du ministère.

 

Comme le personnage est un peu particulier (pour rester poli, c’est mon inspecteur quand même), il se contente de nous dire que le nouveau programme est facile à appliquer, qu’il n’y à qu’à faire de la récupération des vieux cours. Le professeur dépêché par le rectorat pour l’aider dans cette tâche de présentation blêmit, mes collègues et moi-même sommes interloqués. Apparemment, il n’a pas dû voir qu’il y avait quand même de gros changements, une réduction d’horaire, et qu’on ignore tout des exercices du bac nouveau — lui aussi n’a pas plus d’information à ce sujet, d’ailleurs. Il nous explique aussi qu’en géographie, ce n’est pas la peine d’endosser la perspective « développement durable » du nouveau programme. C’est pourtant bien ce que nous sommes censés faire ! J’adore quand les gardiens de l’orthodoxie nous disent de balancer les instructions ministérielles aux orties, mais qui se fera taper sur les doigts si elles ne sont pas appliquées ? C’est bibi ! En guise de bouquet  final de cette bonne heure de présentation, il nous a fait partager ses lubies (j’y ai eu droit l’an dernier, je n’ai donc pas été surpris) : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen n’est pas un document républicain car elle a été signée par le roi, la République n’est pas si laïque que ça puisque la constitution de la Deuxième République fait référence à Dieu, ainsi qu’au triptyque « travail, famille, patrie », qui n’est donc pas si fasciste que ça, et que la République distraite a, jusqu’au dernier dépoussiérage du Code civil, laisser traîner des références au roi.

 

Il finit par achever sa collection de remarques qui ne nous ont pas beaucoup aidé et décide de nous laisser seul avec le professeur dépêché par le rectorat, visiblement soulagé d’être débarrassé de son encombrant partenaire, pour une démonstration par l’exemple qui sera suivie d’ateliers de groupes — là, j’ai vraiment l’impression d’être retourné à l’IUFM. La feuille d’émargement qui passe renforce cette sensation.

 

L’intervenant nous dit quasiment « maintenant, on va pouvoir travailler sérieusement » et, tout en s’efforçant de ne pas contredire ouvertement l’inspecteur, nous explique l’esprit du nouveau programme et pourquoi il ne va pas être facile à mettre en œuvre car, notamment en géographie, l’esprit du nouveau programme implique de sérieuses révisions. Après nous avoir lu pratiquement ligne à ligne une biblio pour préparer les cours. Vient ensuite le moment de haute technologie : utilisation des TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement), comme on dit dans le novlangue de l’Éducation nationale. Il a préparé un super diaporama qui résume le programme et les instructions ministérielles mais, comme beaucoup, il se contente de nous lire ce qui s’affiche.

 

Vient ensuite l’heure de déjeuner. Je monte en salle des profs boire un café, faire un petit coucou à mes anciens collègues. En sortant pour fumer un mégot, je croise certains de mes anciens.

 

L’après-midi est consacré à l’analyse d’un des cours préparés par l’intervenant rectoral. Je blêmis à l’idée qu’il ait déjà sous la main un cours si proche de la fin du programme, alors que je cours derrière pour finir juste à temps. Nous nous arrêtons notamment un reportage très intéressant sur l’empoisonnement de l’eau par l’arsenic au Bangladesh. Il y a tout ce qu’il faut : dégâts écologiques liés au développement incontrôlé des activités humaines, avec effets sur la santé des habitants pauvres contraints de boire de l’eau contaminée, l’emphase sur la nécessité du développement durable. J’ai presque envie de mettre une moustache blanche, de prendre l’air constipé… pardon, concerné façon sourcils froncés et de dire « la Terre est en danger… ». Ceci dit, ça ne me sers pas à grand-chose, car le reportage ne peut être vu que depuis le site de la chaîne, et comme nous sommes un certains nombre à ne pas avoir de connexion internet dans nos salles…

 

« Bon. Je ne crois pas utile de faire des ateliers. » C’est vrai qu’on a passé l’âge. Du coup, nous finissons plus tôt que prévu. Cette journée peu exaltante se termine par une bouffé d’énervement : j’avais largement le temps de me rendre à Clignancourt pour faire mon TD !

 

Lors de mon retour, ma tranquille somnolence est perturbée. J’entends monter trois ou quatre filles — elles parlent fort et on l’air complètement surexcitées. Évidemment, elles viennent s’asseoir à côté de moi. Celle qui se trouve en face de moi se moque copieusement de sa mère qui saisit mal la technologie moderne. « À son époque, ils avaient des trucs trop naze, genre des baladeurs à cassettes et des discmans ! » J’ignore pourquoi, mais ce mot la fait rire aux éclats. Et comme parfois chez les jeunes qui ont trouvé quelque chose d’amusant, elle le répète une bonne vingtaine de fois. Je regarde par la fenêtre en pensant à cet appareil de haute technologie qui fonctionnait avec au moins six piles qui se vidaient en quelques heures mais qui nous permettait d’écouter des CD — bref, à ce temps étrange où la musique avait un support.

 

Soudain, l’angoisse m’étreint. Je connais cette voix. Un petit effort de mémoire, et je reconnais une des élèves de ma 3e d’Alfred-Jarry. Un furtif coup d’œil m’apporte une confirmation. J’adresse des libations virtuelles à Mnémosyne pour qu’elle soit trop occupée à rire bruyamment pour me remarquer, quand, brutalement, elle se tourne vers moi. « Hé ! mais je vous connais, vous ! » J’adore ce genre d’apostrophe. « Vous étiez mon prof d’histoire à Alfred-Jarry ! » Gloups ! grillé… Heureusement leur station arrive et elles descendent.

 

Cette superbe journée ne pouvait pas s’achever sans un ultime incident. Peu avant la Gare du Nord, le train s’arrête. Problème de radio. Il faut une bonne demi-heure pour régler le problème.

 

Il y a des jours où je me demande pourquoi je me suis levé.

 

Par strelets - Publié dans : Saison 2 - Communauté : humour et bonne humeur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 16:03

La naissance de Raymond Devos (1922) ne suffira pas à égayer cette journée riche en événements dramatiques marqués notamment par la mort de Constantin VII Porphyrogénète, l’empereur lettré (959), le coup d’État du 18 brumaire (1799), l’assassinat de Mary Jane Kelly, dernière victime connue de Jack l’éventreur (1888). 

 

La journée a été un peu à cette image : je ne sais si je dois aller me pendre ou rire (jaune).

 

Cet après-midi, c’était le tour de l’autre demi-groupe de 2e1 de passer en exposé d’ECJS. Le thème du jour portait sur l’école républicaine et ses missions. Ce type de thématique est au programme pour que les élèves prennent conscience de la chance qu’ils ont la chance d’avoir un service public d’éducation de qualité (on le dit vite et on évite de rigoler nerveusement, merci) et gratuit.

 

Évidemment, rien ne s’est passé comme prévu.

 

En fait, je me suis retrouvé en pleine caricature. D’un côté, la partie de classe tendance cités qui m’explique que l’école ça sert à rien et que de toute façon c’est à l’étranger qu’on avait des bonnes situations (ne me demandez pas où est le lien, j’ai rien compris) — j’ai dû me retenir de dire « partez donc, ça nous fera des vacances ». En face, la partie de la classe tendance classe moyenne, qui explique que l’école est un moyen d’obtenir une bonne situation. Intégration, citoyenneté et autres choses de ce genre, personne ne connaît alors que j’avais expressément demandé de chercher le sens de ces termes et de les mettre en relation avec l’école.

 

Carla Dufort menait une charge particulièrement violente, crucifiant verbalement (et rarement poliment) ceux qui n’étaient pas d’accord avec elle à coup de « mais t’es bête ! », « t’es débile ! » et autres « t’es vraiment trop con(ne) ». Elle visait notamment Alizé Bel, qui ne voulait pas céder du terrain. J’ai bien tenté de lui expliquer que l’injure et l’invective n’étaient pas des moyens de communiquer, ce à quoi elle m’a rétorqué : « vous plaignez pas, c’est mieux qu’avant : l’an dernier, j’étais une vraie chaleur, moi ! ». Allez savoir pourquoi, j’ai eu la vision d’un de ces petits rien qui dégénèrent en altercation violente car l’un des deux ne considère pas normal de se faire injurier.

 

Le sommet de l’intervention de Carla Dufort m’a fait froid dans le dos, car j’ai déjà entendu l’argument dans la bouche de certains adultes. Les cours c’est ennuyant (sic) alors que de nos jours, avec l’informatique, il n’y a qu’à mettre les élèves devant un ordinateur. Il faudrait transmettre l’idée aux intelligences supérieures qui nous gouvernent. Il ne suffirait plus que d’un petit groupe d’enseignants (et encore) qui élaborent les programmes pendant que les élèves sont devant leur écran sous la supervision d’assistants d’éducation. Les évaluations pourraient se faire sous forme de QCM en ligne. Ça permettrait des économies. 

 

Steven Poli prend alors la parole. « Mais c’est nul, comme idée… » Je me réjouis à l’idée qu’un élève va défendre l’importance de la transmission directe du savoir, le fait de pouvoir poser des questions à quelqu’un qui peut y répondre, la magie du verbe professoral qui capte les élèves telle la pierre de Magnésie de Platon… « … ça ferait monter le chômage ! »

 

Par strelets - Publié dans : Saison 2 - Communauté : humour et bonne humeur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Koikesse ?

Syndication

  • Flux RSS des articles

Devenez fan

Les chroniques de la loose sont sur Facebook

Suivez-moi!

… en léger différé sur Twitter: @ChroniquesLoose

Catégories

Recherche

Faites connaître ce blog

Créer un Blog

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés